

Le projet RACINES a été lauréat de l' AAP Learn'in Auvergne Recherche en innovation pédagogique (2023) I-Site CAP 20-25.
Jules Faure (LRL) & Ciara R. Wigham (ACTé) | Christophe Tilmant (Institut Pascal) & Chloé Sagnet (Pôle IPPA)
Jeudi 26 Février 2026 - 9h30 – 12h en mode hybride - salle B112 (INSPE Clermont Auvergne) et par Teams (lien)
Depuis le "virage réflexif" exploré par Tarif et al. (2012), la réflexivité se place encore aujourd'hui au cœur des enjeux de scénarisation pédagogique dans l'enseignement supérieur. Identifiée comme un levier de professionnalisation (Poumay et Georges, 2022), de nombreuses questions subsistent quant à la mise en place de la pratique réflexive au sein des cursus universitaires, entre autres :
⠀À visée interdisciplinaire, entre recherche et échanges de pratiques, ce séminaire proposera dans un premier temps les interventions de Ciara R. Wigham et Jules Faure, qui illustreront les évolutions impulsées par la recherche quant à la scénarisation de la réflexivité dans des UE de cursus de Master visant l'enseignement des langues étrangères (anglais et français). Dans un second temps, nous accueillerons Christophe Tilmant (ISIMA) et Chloé Sagnet (Pôle IPPA), qui aborderont leur travail conjoint de scénarisation de la réflexivité à l'échelle du diplôme d'ingénieur en informatique et les retombées perçues. Enfin, nous proposerons aux participant·es du séminaire un temps de réflexion partagé autour des grandes questions et thématiques évoquées supra, sous forme d'ateliers de discussion.
Ce séminaire interlaboratoire LRL-ACTé s'inscrit dans le cadre du projet de recherche RACINES (Réflexivité et autonomisation par la coopération et l'innovation pédagogique dans l'enseignement supérieur).
Jules FAURE (LRL) & Ciara R. WIGHAM (ACTé)
⠀Ces dernières décennies, les ambitions professionnalisantes portées par les cursus de formation à l'enseignement des langues étrangères ont amené les formateur·rices à développer et stimuler la réflexivité chez les étudiant·es (Cicurel, 2024 ; Dejean-Thircuir et Soubrié, 2011). Plébiscitée comme vectrice de développement professionnel, la pratique réflexive fait l'objet d'expérimentations pédagogiques, dont s'emparent les chercheur·es afin de mieux en comprendre les dynamiques et tenter d'émettre des préconisations quant à son opérationnalisation. C'est dans cette optique que nous questionnons sa mise en place au prisme de ses potentialités pour l'évolution du répertoire didactique (Cicurel, 2016 ; 2024) des étudiant·es en formation à l'enseignement de l'anglais et du français.
L'exposé reviendra sur plusieurs instanciations de deux dispositifs de formation pour des futur·es enseignant·es de langues portant sur la télécollaboration : une UE dans le Master MEEF parcours anglais qui fait collaborer des étudiant·es avec des futur·es enseignant·es de l’Université d’Utrecht et une UE dans le Master Sciences du langage/LidiFLES où les étudiant·es préparent et animent des séances pédagogiques en ligne auprès d'apprenant·es taïwanais·es. Ces deux dispositifs ont notamment été conçus afin de participer au développement des compétences d'enseignement des langues médié par les technologies.
En mettant l’accent sur l’évolution sur les tâches réflexives ainsi que les consignes proposées, nous reviendrons sur une réorientation de la scénarisation envers des tâches de réflexion collective dont nous émettons l'hypothèse qu'elles seraient susceptibles de davantage stimuler la réflexivité.
Cela nous a amené à construire un corpus constitué de réflexions individuelles et écrites, mais aussi d'interactions orales réflexives entre étudiant·es. En parallèle de ces modalités, le guidage proposé aux étudiant·es a lui aussi été adapté, en vue de favoriser la projection dans le futur métier (Faure et al., 2026). Des entretiens post-dispositifs ont été réalisés pour recueillir les ressentis des futur·es enseignant·es sur le dispositif réflexif (Faure et al., 2025).
Les premières pistes d'analyse apparaissent encourageantes mais invitent à questionner la pertinence de la mise en place de scénarios réflexifs cloisonnés à l'échelle de simple UE.
Christophe TILMANT (Institut Pascal) & Chloé SAGNET (Pôle IPPA)
⠀Cette présentation propose une réflexion sur la place que l’on décide de donner à la réflexivité et à son évaluation dans la formation des ingénieurs. Elle explore les origines et les fondements de cette démarche, la confronte à l’évolution socio-historique de la formation des ingénieurs, interroge la valeur ajoutée de la réflexivité au profil de l’ingénieur diplômé et ainsi celle de son évaluation au sein de la formation. Au regard des enjeux contemporains, la posture réflexive semble être inhérente à la professionnalité d’un ingénieur. A l’échelle d’une formation, la démarche réflexive apparaît comme un levier de professionnalisation, de développement de l’esprit critique et éthique et de prise en compte systématique des impacts socio-techniques des projets d’ingénierie. Dans ce sens, là où sa présence semble une évidence, sa juste place et son évaluation pose question.
L’exposé présente le dispositif curriculaire déployé sur trois années à l’ISIMA dans la formation par apprentissage : initiation à l’écriture réflexive, mise en place et suivi d’un portfolio d’apprentissage et d’évaluation, organisation de différentes soutenances, dont le « Grand Oral», qui clôture la formation par une articulation entre identité professionnelle, valeurs et posture, afin que les étudiantes et étudiants puissent exprimer leur projection professionnelle. Des données empiriques issues de questionnaires multi-acteurs et de témoignages étudiants illustrent l’appropriation progressive et l’impact de cette démarche.
Enfin, la présentation ouvre un questionnement sur la manière de positionner la démarche réflexive et notamment dans le référentiel de compétences : quelle place ? quel statut ? sans présupposer ce qu’elle devrait être. Ce questionnement permet d’aborder les enjeux liés à son évaluation et ainsi de préciser son impact à l’échelle curriculaire.